


Enes Kanter Freedom et la draft WNBA 2026 : enjeux légaux
- WNBA
- septembre 18, 2026
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Enes Kanter Freedom et la controverse sur l’éligibilité dans la WNBA
La WNBA a repris son activité jeudi soir après une pause de trois semaines, mais le retour sur les parquets est marqué par un débat intense sur les critères d’éligibilité des joueuses, ravivé par la déclaration d’Enes Kanter Freedom pour la draft WNBA 2027. Cette situation soulève des questions juridiques complexes autour de la définition du genre dans la ligue et la légalité des restrictions imposées.
Une lettre du Congrès américain critique la WNBA
Le 17 septembre, cinq membres de la Chambre des représentants des États-Unis, dont un élu de l’Indiana, ont adressé une lettre à la commissaire de la WNBA, Cathy Engelbert, dénonçant le manque de priorité accordée à la sécurité des joueuses et des fans. Ils insistent notamment sur la nécessité que la ligue reste exclusivement réservée aux femmes biologiques. La lettre cite Sophie Cunningham, joueuse de l’Indiana Fever, qui s’est exprimée en faveur de restrictions concernant les athlètes transgenres dans les sports féminins.
Cunningham a expliqué : « J’ai reçu beaucoup de retours négatifs, comme si je détestais les personnes trans. Pourtant, je n’ai jamais dit cela. Je veux faire preuve d’amour, mais cet amour doit s’accompagner de vérité et d’honnêteté. Je souhaite protéger les jeunes filles dans les vestiaires et sur le terrain, qui ne devraient pas avoir à affronter des hommes biologiques. » (« I got a lot of negative feedback about me hating trans. And I’m like, ‘I never once said that.’ I think that I am here to extend love. But I also think with that love is truth, being honest. And I want to protect young girls in a locker room or young girls in sport who shouldn’t have to go against biological men. »)
Enes Kanter Freedom et Royce White relancent la polémique
La controverse a pris une nouvelle ampleur lorsque l’ancien joueur NBA Enes Kanter Freedom, mesurant 2,08 m, a annoncé sa candidature à la draft WNBA dans une vidéo Instagram, portant un sweat à capuche orange aux couleurs de la ligue. Il a déclaré : « Si simplement déclarer qui vous êtes suffit, alors je remplis toutes les conditions nécessaires pour jouer en WNBA. » (« If simply declaring who you are is all that’s required, then I meet every single requirement necessary to compete in the WNBA. »)
Quelques heures plus tard, Royce White, autre ancien joueur marginal en NBA, a également déclaré sa candidature. Lors d’un match entre Chicago Sky et Indiana Fever le 23 août, Kanter Freedom, assis au bord du terrain avec un t-shirt noir portant l’inscription « Woman noun. adult human female. », a été expulsé après une altercation avec Natasha Cloud.
Une législation et une politique d’éligibilité floues
Le dernier accord collectif (CBA) de la WNBA, valable jusqu’en 2026, stipule que seules les joueuses « femmes » peuvent évoluer dans la ligue, sans définir précisément ce qu’est une femme ni le processus pour une femme transgenre. Ce flou juridique contraste avec les évolutions récentes dans d’autres sports féminins, où certaines ligues ont abandonné ou durci leurs politiques d’éligibilité des athlètes transgenres.
Aux États-Unis, la loi fédérale Title VII interdit la discrimination à l’embauche basée sur le sexe, sauf exceptions dites de qualification professionnelle essentielle (bona fide occupational qualification). La WNBA, en tant qu’employeur et ligue opérant dans plusieurs États, est donc soumise à ces règles. La Cour suprême a d’ailleurs confirmé en 2020 que licencier une personne pour son orientation sexuelle ou son identité transgenre constitue une discrimination illégale.
Un terrain juridique encore inexploré
La question de la légalité d’une politique d’exclusion des femmes transgenres dans la WNBA n’a jamais été tranchée en justice. La ligue pourrait choisir d’interdire l’accès aux personnes nées de sexe masculin ou, au contraire, d’instaurer un processus d’éligibilité pour les femmes transgenres et intersexes. En cas de contestation, la WNBA pourrait défendre sa politique comme une qualification professionnelle essentielle, arguant que son identité de ligue féminine justifie ces critères.
Les discussions autour de cette question sont compliquées par l’absence d’une politique claire dans la WNBA et la nécessité de négocier tout changement avec le syndicat des joueuses. La commissaire Cathy Engelbert, qui quittera ses fonctions fin 2026, sera remplacée par une nouvelle voix qui jouera un rôle clé dans ce dossier.
Un parcours semé d’embûches pour les femmes transgenres dans le basket
Le chemin pour une femme transgenre vers la WNBA est particulièrement difficile. Moins de la moitié des États américains autorisent les filles transgenres à jouer dans les équipes féminines au lycée. Au niveau universitaire, la NCAA interdit désormais la participation des femmes transgenres dans les sports féminins. Sans expérience compétitive dans ces catégories, la possibilité d’atteindre la WNBA est quasi nulle.
Théoriquement, une joueuse transgenre pourrait évoluer à l’étranger avant d’être éligible à la draft, mais les exemples restent rares et aucun n’a encore émergé dans la ligue. La WNBA n’a jamais vu une femme transgenre jouer dans ses rangs, même si deux joueuses non binaires, nées femmes, ont déjà évolué dans la ligue.
Quelles suites possibles ?
La WNBA a déclaré après une réunion de son groupe de travail contre la haine que Kanter Freedom et White ne sont pas éligibles pour la draft 2027, tout en condamnant les tentatives de certains de marginaliser d’autres personnes via ce débat. La ligue n’a pas précisé les bases juridiques de cette décision.
Si Kanter Freedom et White décidaient de poursuivre la WNBA en justice pour discrimination, ils devraient d’abord saisir la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi (EEOC). Cette procédure pourrait déboucher sur un procès ou une procédure d’arbitrage selon les clauses du CBA. Par ailleurs, un accord tacite entre les équipes pour ne pas les recruter constituerait une collusion, ce qui est interdit par le CBA.
Les tribunaux prendraient en compte l’identité revendiquée des joueurs, mais ils pourraient aussi exiger des preuves médicales et psychologiques. Le contrôle des niveaux de testostérone, bien que prévu dans le CBA, reste non précisé publiquement.
Des options politiques à venir
La WNBA pourrait adopter une politique restrictive fondée sur le sexe biologique à la naissance, utilisant par exemple des tests génétiques, ou au contraire une politique inclusive, basée sur la suppression de testostérone et des critères spécifiques pour les femmes transgenres et intersexes. Chaque option comporte des risques de contestation juridique.
Les négociations avec le syndicat seront déterminantes, car toute modification des règles d’éligibilité doit être validée collectivement. La ligue assure poursuivre les discussions en accord avec ses valeurs, mais un changement significatif semble encore lointain.
Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.






