Comment un trade en 2007 booste OKC et Gilgeous-Alexander
- NBA
- avril 24, 2026
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Comment un échange vieux de 19 ans façonne encore le succès du Thunder d’OKC
Rashard Lewis n’a jamais joué un seul match pour le Oklahoma City Thunder. Pourtant, cet ancien All-Star, qui a passé neuf saisons avec le Seattle SuperSonics, franchise devenue le Thunder, est lié de manière surprenante à l’équipe championne en titre. En effet, un échange réalisé en 2007, impliquant Lewis, a déclenché une série de transactions successives qui ont permis de bâtir la base du noyau actuel d’OKC, champion NBA en 2025 et en course pour un doublé.
Les origines d’une reconstruction audacieuse
Le 22 mai 2007, Tony Dutt, agent de Rashard Lewis, regardait la loterie de la draft NBA lorsque les Sonics ont obtenu le deuxième choix. Anticipant que les Portland Trail Blazers choisiraient Greg Oden en premier, il imaginait que Seattle sélectionnerait Kevin Durant, jeune prodige texan évoluant au même poste que Lewis. Ce dernier, âgé de 27 ans, envisageait déjà de quitter une équipe en difficulté, avec quatre saisons perdantes sur cinq.
Quelques jours plus tard, Lewis optait pour la sortie anticipée de son contrat et devenait agent libre. Mais la franchise, rachetée en 2006 par un groupe d’hommes d’affaires d’Oklahoma City mené par Clay Bennett, était en pleine transition, sans manager général depuis le départ de Rick Sund.
Sur recommandation de R.C. Buford, manager des Spurs, Bennett embauchait Sam Presti, alors vice-président et assistant GM des Spurs, réputé pour sa maîtrise de la gestion salariale et ses talents d’évaluateur. Presti devenait le 11e GM de Seattle, le deuxième plus jeune de l’histoire NBA.
Un premier geste fort : la draft de Kevin Durant et l’échange de Ray Allen
Le 28 juin 2007, Presti réalisait un coup de maître en sélectionnant Kevin Durant avec le deuxième choix. Il procédait aussi à un échange majeur, envoyant Ray Allen aux Boston Celtics contre Wally Szczerbiak, Delonte West et le cinquième choix, utilisé pour Jeff Green. Ce mouvement marquait le début d’une reconstruction autour de jeunes talents.
Le départ de Lewis et la naissance d’une stratégie d’accumulation d’actifs
Prévenant sur l’avenir, Presti rencontrait Lewis à Houston lors de la free agency pour lui exposer honnêtement les limites financières des Sonics. Quelques jours plus tard, Lewis signait un contrat de six ans et 118 millions de dollars avec Orlando, et un échange avec Orlando permettait à Seattle d’obtenir une exception salariale de 9 millions de dollars.
Presti ne tarda pas à utiliser cette exception pour prendre le contrat de Kurt Thomas des Suns, en échange de deux premiers tours de draft. Ce coup de génie lançait une véritable réserve d’actifs, avec cinq premiers tours en trois ans, essentiels à la future construction de l’équipe.
De Serge Ibaka à la dynastie manquée
En 2008, Presti utilisait un de ces picks pour sélectionner Serge Ibaka, dernier premier tour drafté par les Sonics avant leur déménagement à Oklahoma City. Le Thunder montait rapidement en puissance avec Durant, Ibaka, Russell Westbrook et James Harden, atteignant la finale NBA 2012 face au Miami Heat de LeBron James.
Malgré cette ascension, le Thunder échouait face à Miami, et Presti échangeait Harden pour éviter la taxe de luxe, conservant Ibaka. Ce dernier restait quatre saisons supplémentaires avant d’être envoyé à Orlando en 2016, dans un échange qui rapportait Victor Oladipo et Domantas Sabonis.
Les échanges majeurs et la renaissance avec Gilgeous-Alexander
En 2017, Presti échangeait Oladipo et Sabonis à Indiana pour Paul George, qui signait un contrat de 136,9 millions de dollars sur quatre ans. Mais en 2019, George demandait un transfert. Cet épisode fut crucial : OKC obtenait en retour Shai Gilgeous-Alexander, Danilo Gallinari, cinq premiers tours de draft et deux échanges de picks, formant une nouvelle base solide, dont le pick utilisé en 2022 pour sélectionner Jalen Williams, futur All-Star.
Une stratégie d’asset management exemplaire
Des cadres de la ligue soulignent la capacité de Presti à tirer profit de chaque actif, chaque exception de trade et chaque pick, évitant les impasses. Son approche, longue et patiente, a permis au Thunder de rester compétitif sur le long terme malgré des choix risqués, comme l’échange des vedettes Allen et Lewis en 2007, alors que l’équipe semblait encore solide.
Presti et Bennett, duo propriétaire-GM depuis 18 ans, incarnent une vision à long terme basée sur le travail honnête et la prise de décisions réfléchies, sans raccourcis.
Un regard en arrière et une reconnaissance
À l’occasion du All-Star Game 2026, Rashard Lewis, aujourd’hui coach en développement des joueurs chez les Spurs, a évoqué la nature familiale de cette organisation et le long chemin parcouru depuis cet échange fondateur en 2007. Il a souri en évoquant la rivalité naissante avec Presti, sans avoir encore eu l’occasion d’en discuter en personne.
Le Thunder détient encore un pick issu de l’échange avec les Clippers en 2019, prévu pour la draft de juin 2026, témoignant de l’impact durable de ces transactions.
Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.