Comment les Valkyries ont remporté le titre WNBA 2026

Comment les Valkyries ont remporté le titre WNBA 2026

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  • novembre 1, 2026
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Golden State, un premier titre construit en deux saisons

Les Golden State Valkyries ont remporté leur premier titre, samedi, en battant l’Atlanta Dream 68-63 lors du match 7 des WNBA Finals. Créée en 2024, la franchise a atteint son objectif bien plus tôt que prévu : son propriétaire, Joe Lacob, avait annoncé qu’elle viserait le titre dans un délai de cinq ans. Selon ESPN, les Valkyries l’ont finalement décroché dès leur deuxième saison.

Une ambition affichée dès le départ

En octobre 2024, Natalie Nakase passait un entretien avec Joe Lacob pour devenir la première entraîneuse des Valkyries. Elle était venue avec des notes sur sa vision de l’équipe et les raisons pour lesquelles elle estimait être la bonne personne pour le poste. Mais Lacob a mené les dix premières minutes de leur échange, lui exposant ses ambitions et sa méthode de travail.

À la fin de l’entretien, il lui a rappelé l’objectif qu’il avait déjà annoncé publiquement : « Nous allons gagner un titre dans cinq ans » (« We’re going to win a championship in five years »). Nakase a frappé la table du poing : « Oui, bon sang, nous allons gagner un titre » (« Hell yeah, we’re gonna win a championship »).

La prédiction s’est révélée trop prudente. « Je suis sortie de cette conversation en me disant : “J’ai envie de travailler pour lui.” Plus encore, je veux gagner ce premier titre pour lui » (« I walked out of that conversation with Joe like, “I want to work for him.” More than that, I want to win that first championship for him »), a raconté Nakase.

Après cet entretien, la coach a demandé conseil à ses mentors. Leur recommandation : bâtir une identité claire et s’entourer de joueuses prêtes à se sacrifier pour le collectif. Avec la general manager Ohemaa Nyanin, elle a défini une équipe combative, tournée vers la défense et sans ego. Malgré les doutes suscités par l’ambition de Lacob, Nakase a maintenu le cap.

Assise près du trophée, une bière à la main, après la victoire de samedi, elle a été interrogée sur la sensation que lui procurait ce titre : « Oh que oui » (« F— yeah »).

Un effectif façonné pour le collectif

Nyanin et Nakase ont sélectionné les joueuses autour desquelles elles souhaitaient construire leur projet. Lors de la draft d’expansion 2024, Golden State a notamment recruté Veronica Burton, une arrière réputée pour son engagement des deux côtés du terrain, ainsi que Kayla Thornton, alors championne WNBA en titre. Cecilia Zandalasini, internationale italienne, a également rejoint l’équipe.

Tiffany Hayes, ancienne lauréate du titre de Sixth Player of the Year, a signé en tant que joueuse autonome. La Française Janelle Salaun a été intégrée à l’effectif du camp d’entraînement. Avec son cinquième choix de draft en 2025, Golden State a sélectionné Juste Jocyte, une Lituanienne de 19 ans qui est restée à l’étranger cette saison-là.

Sans star établie ni historique de succès, les Valkyries abordaient leurs débuts avec des attentes limitées. Elles ont pourtant marqué l’histoire dès leur première saison, en devenant la première franchise d’expansion de la WNBA à se qualifier pour les Playoffs dès sa campagne inaugurale. Le Minnesota Lynx les a éliminées au premier tour, mais cette expérience a posé les bases de la suite et contribué à faire de Golden State une destination attractive pour les joueuses autonomes.

Gabby Williams figurait depuis longtemps dans les plans de Nyanin. En 2025, Nakase était allée la rencontrer en Turquie pour la convaincre de rejoindre les Valkyries. Mais le Seattle Storm a alors utilisé son statut de joueuse « cored », ce qui lui garantissait des droits de négociation exclusifs. Williams se souvenait aussi de l’annonce de Lacob, en 2023 : « J’avais été impressionnée et tentée. Je me suis dit que c’était une équipe pour laquelle je pourrais avoir envie de jouer un jour » (« I was impressed, and I was enticed. It was like, this is a team I could want to play for one day »).

Lorsque Williams est devenue joueuse autonome, Golden State est revenu à la charge. Lacob s’est joint à Nakase et Nyanin pour la convaincre. « Il m’a dit : “Voilà pourquoi nous allons gagner. Voilà pourquoi ce serait absurde d’aller ailleurs. Nous voulons construire dans la durée. Je veux bâtir des dynasties ici” » (« He said, “This is why we are going to win. This is why it would be silly for you to go anywhere else. This is why we’re going to have longevity. I want to build dynasties here” »), a expliqué Williams.

« Qui n’aurait pas envie de rejoindre un tel projet ? On joue pour gagner des titres. Je n’en ai jamais remporté et, à ce stade de ma carrière, c’est ma priorité absolue. […] J’étais convaincue que je n’en gagnerais pas ailleurs » (« Who doesn’t want to come to something like that? We play this game to win championships. I’ve never won one, and at this point in my career, that is the top priority. […] I was so convinced that I would not win anywhere else »), a-t-elle ajouté.

Le lendemain de la signature de Williams, les Valkyries ont recruté Kiah Stokes, qui venait de passer quatre saisons à Las Vegas et d’y remporter trois titres. Elle y avait joué aux côtés d’A’ja Wilson et sous les ordres de Nakase pendant une saison. Après l’annonce de l’absence d’Iliana Rupert pour la saison 2026 en raison de sa grossesse, Stokes a débuté chaque match et s’est notamment chargée de défendre Angel Reese lors des WNBA Finals.

Gabby Williams, moteur de la défense

Ces renforts ont permis aux Valkyries de franchir un cap. Nyanin reconnaît toutefois que la rapidité avec laquelle le projet a pris forme l’a surprise : « On ne sait jamais si tout cela va fonctionner » (« You just never know if that’s going to work out »).

Williams a réalisé la meilleure saison de sa carrière : 14,4 points de moyenne, avec 34,2 % de réussite à trois points. Elle a terminé deuxième du scrutin pour le Defensive Player of the Year et a été sélectionnée dans la première équipe All-Defensive de la WNBA. Moteur de la meilleure défense de la saison régulière, elle a également pris une place centrale dans l’attaque et a été nommée WNBA Finals MVP, après avoir inscrit 30 points lors du match 7.

« Le plus important, c’est d’être venue travailler chaque jour avec plaisir. C’est une grande partie de ce qui permet de prétendre au titre » (« The best part has been coming to work every day and enjoying it. Like, actually, that’s a huge part of contending »), a-t-elle dit. « Quand les Playoffs ont commencé, nous ne voulions simplement pas arrêter de jouer ensemble. Nous voulions aller le plus loin possible, parce que nous savions qu’un groupe comme celui-ci ne durerait peut-être pas. Cette saison m’a fait beaucoup de bien et l’a rendue très spéciale » (« When the playoffs started, our motivation was just — we didn’t want to stop playing together. We wanted to go as deep as we could because we knew this is the last time we could have a group like this. It’s been really healing for me. It’s made this season really special »).

La cohésion du groupe s’est aussi manifestée dans les moments difficiles. Lors du match 3 du premier tour contre les Dallas Wings, alors que Golden State était mené dans une rencontre à élimination directe, Thornton a réuni Burton, Williams et Kaila Charles sous le panier. Les joueuses se sont prises par les épaules et ont respiré ensemble.

« À ce moment-là, nous avions besoin de prendre une respiration, d’être ensemble et de rester dans l’instant présent » (« In that moment, we needed to take an exhale and be together and just be present »), a expliqué Burton. Pour Nyanin, qui observait la scène depuis le tunnel, ce geste résumait la solidarité de l’équipe : « Elles se battraient les unes avec les autres et les unes pour les autres. C’est exactement pour cela que je fais ce métier » (« They will fight with each other and for each other. That’s exactly why I am doing the job I am doing »).

La défense et l’adaptation au cœur du titre

Nakase a donné le ton dès le camp d’entraînement : pendant les trois premiers jours, elle a interdit à ses joueuses de prendre un ballon. Pas de tirs, pas de systèmes offensifs ; le travail était consacré à la défense. « C’est là que j’ai compris que cette équipe serait différente », a raconté Burton (« That’s when I knew this was going to be different »).

La coach a ensuite exigé une intensité défensive constante, de la rigueur et une exécution précise du plan de jeu. Ses méthodes peuvent surprendre : elle diffuse des bruits de bataille à l’entraînement, appelle ses joueuses ses « tueuses » et ne les autorise pas à célébrer. Mais elle a aussi créé un environnement où elles peuvent s’exprimer et se sentir respectées.

« Elle est profondément authentique. Nous savons qu’elle veut nous mettre dans les meilleures conditions pour gagner. […] Elle est passionnée. Parfois, nous nous moquons d’elle, mais nous veillons aussi sur elle : c’est l’affection que nous avons les unes pour les autres » (« She’s so authentic. We know her intentions are to put us in the best position to win. […] She’s passionate. And sometimes we laugh at her, but we also check on her […] it’s the love we have for each other »), a témoigné Williams.

Cette confiance n’a pas empêché les joueuses et le staff de faire des retours à Nakase. Williams lui a notamment dit que certaines consignes étaient parfois difficiles à comprendre. Après les trois premiers matchs des WNBA Finals, que Golden State avait commencées en étant mené 2-1, Nakase s’est attribué la note de « F moins » pour sa communication. Elle a alors demandé à ses joueuses comment améliorer son approche et, par conséquent, le jeu de l’équipe.

« On peut proposer le meilleur système du monde, mais si les joueuses n’ont pas envie de le suivre, il ne fonctionnera pas. Sa volonté de nous écouter et de prendre en compte nos idées sur ce qui nous convient le mieux m’a marquée ; elle sait s’adapter à ses joueuses » (« You can give the best scheme in the world, but if your players don’t want to follow it, it’s not going to be successful. Her willingness to listen to us and our ideas about what we think we’re best at and what we can do, that’s one thing that has jumped out to me; her willingness to adapt to her players »), a souligné Stokes.

Pour le match 4, Nakase a modifié son cinq de départ : Hayes et Kaila Charles ont remplacé Thornton et Zandalasini. Charles a terminé avec un différentiel de +14, tandis que Hayes a marqué 13 points. Les Valkyries ont remporté les deux matchs suivants, renversant la dynamique de la série.

« Dans notre équipe, personne ne se préoccupe de savoir qui commence. C’est possible parce que nous sommes collectives et que nous n’avons pas d’ego » (« The best thing about our team is no one cares who starts, no one cares. We can do that because we have a really selfless team, ego-less team »), a déclaré Nakase. Charles a résumé la confiance du groupe : « C’est une grande coach, et ce n’est pas un hasard. Nous lui faisons confiance et nous exécutons ce qu’elle demande » (« She’s a great coach for a reason. We trust our coach, so whatever she sees, we’ll execute »).

La priorité donnée à la défense s’est vérifiée toute la saison : Golden State a terminé la saison régulière avec la meilleure défense de la WNBA, en limitant ses adversaires à 75,1 points par match, puis a affiché la deuxième meilleure défense des Playoffs. Stokes a signé 31 contres lors de cette campagne de Playoffs, égalant le record de Lisa Leslie dans l’histoire de la WNBA.

En recrutant Nakase, Lacob avait fixé un objectif à cinq ans. La coach s’était promis de ne pas laisser échouer son équipe ; avec Nyanin, elle s’était engagée à ce qu’elles ne se laissent pas tomber. Deux saisons après la création de la franchise, les Valkyries ont transformé cette ambition en titre. « Bien sûr, c’est incroyable. Deux ans ? C’est dingue » (« Of course this is unbelievable. Two years? It’s insane »), a réagi Lacob lors des célébrations.

Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.

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