Ballhalla San Francisco, coeur des Valkyries et Dream 2026

Ballhalla San Francisco, coeur des Valkyries et Dream 2026

  • WNBA
  • octobre 26, 2026
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À San Francisco, les Valkyries ont trouvé leur forteresse

À l’approche du Game 5 des WNBA Finals, disputé à San Francisco alors que la série face à Atlanta Dream est à égalité (2-2), les Golden State Valkyries peuvent compter sur un public qui a fait du Chase Center l’une des salles les plus bruyantes de la ligue. Baptisée « Ballhalla », cette enceinte affiche complet à chaque match à domicile depuis la création de la franchise. Selon ESPN, les Valkyries sont aussi devenues la première équipe de l’histoire de la WNBA à dépasser les 18 000 spectateurs de moyenne par match.

Une ambiance qui ne retombe jamais

Dans Ballhalla, « Blow the Whistle » de Too Short, rappeur originaire d’Oakland, résonne avant, pendant et parfois à presque chaque instant des rencontres. Lors d’une interruption du Game 2 des WNBA Finals, la voix de l’artiste a lancé : « Quel est mon mot préféré ?! » Les plus de 18 000 spectateurs présents ont répondu d’une seule voix, avec l’accent de la baie de San Francisco : « Bi-ah-tch ! » Too Short lui-même en a ri.

« Ce qui me plaît le plus, c’est que toutes les générations connaissent le morceau : les personnes âgées, les parents et les enfants. Je ris en voyant les enfants comprendre qu’ils ont exceptionnellement le droit de le dire. Pour une fois, personne ne leur en voudra de reprendre le mot préféré de Too Short. J’ai vu les parents leur dire : “Tu peux le dire, tu peux le dire !” C’est une chanson de Too Short adaptée à toute la famille — entre guillemets », a-t-il raconté à ESPN (« The best part is how generational it is. That the senior citizens, the moms and dads, and the kids, everybody knows it. I laugh at the kids who know they got a pass. This one time, this one time you’re not going to get in trouble if you say Too Short’s favorite word. I’ve seen it … the parents: ‘You can say it, you can say it, you can say it.’ It’s a Too Short song that is family friendly — in quotation marks. »).

Le nom « Ballhalla » fait référence au Valhalla, le lieu où, dans la mythologie nordique, reposent les grands guerriers morts au combat. Pendant les deux premiers matches des WNBA Finals à domicile, le public a confirmé la réputation de la salle. Les spectateurs étaient déjà debout lors de l’échauffement et explosaient à chaque gros plan d’une joueuse sur l’écran géant. Kaitlyn Chen, sélectionnée au troisième tour de la Draft 2025, suscite notamment des acclamations particulièrement fortes lorsqu’elle apparaît à l’écran ou prend un tir.

« J’ai vraiment senti une clameur différente. J’étais enthousiaste. Les cris ont été particulièrement forts quand les joueuses ont été présentées », a déclaré la coach Natalie Nakase après le Game 1 (« I did feel a different roar. I was excited. They were really screaming when they got announced. »).

Le public participe aussi à l’ambiance en portant les T-shirts violets déposés sur les sièges avant les matches des WNBA Finals. Les spectateurs qui ne l’ont pas enfilé peuvent être montrés sur l’écran géant et gentiment pris à partie par l’animateur de la salle. Même ceux qui portent déjà un maillot des Valkyries sont encouragés à mettre le T-shirt. La pression est assumée et bon enfant.

Du bruit, mais dans le respect

Le vacarme commence avant la présentation des joueuses et ne retombe presque jamais, même lorsque les Valkyries sont en difficulté. Les mesures de décibels publiées par la ligue pour le Game 1 ont atteint 114,5 dBA sur un tir à trois points de Gabby Williams dans le corner, puis 114,7 dBA sur un panier primé de Chen. Les lancers francs de Williams, qui ont scellé le match, ont culminé à 112,1 dBA.

À titre de comparaison, un niveau de 100 dBA est comparable au bruit d’une moto, d’un métro ou d’un hélicoptère. À 110 dBA, on se rapproche du bruit d’une tronçonneuse, d’un environnement industriel ou d’un groupe de rock. Le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders indique qu’une exposition prolongée ou répétée à des sons d’au moins 85 dBA peut entraîner une perte auditive.

Le silence ne s’installe vraiment que lorsque les Valkyries s’apprêtent à tirer leurs lancers francs : la salle devient alors si calme que les pas des personnes qui se déplacent sont audibles. Après la défaite du Game 2, les supporters sont malgré tout restés debout pour applaudir jusqu’au départ de toute l’équipe.

« Honnêtement, c’est probablement le meilleur match de basket auquel j’ai assisté. Je suis allé aux WNBA Finals et à beaucoup de matches, y compris en Playoffs, mais l’ambiance de l’autre soir est difficile à égaler. Je savais que ce serait électrique et que l’atmosphère serait excellente, mais je ne pensais pas que ce serait la meilleure que j’aie connue », a confié Mike Evans, receveur des San Francisco 49ers (« Probably the best basketball game I’ve ever been to, honestly. I’ve been to the Finals games. … Went to a lot of games, playoff games, and it’s hard to beat that atmosphere last night. I knew it was going to be lit, I knew it was going to be a great environment, but I didn’t know it was going to be the best I’ve ever been to. »).

Cette ferveur ne se traduit pas par de l’hostilité envers les équipes visiteuses. Alors que la ligue est confrontée à des comportements de spectateurs qui dépassent les limites de la rivalité sportive, allant parfois jusqu’aux insultes racistes, les joueuses interrogées décrivent une ambiance respectueuse à San Francisco.

« Même quand ils sont contre vous, les supporters restent respectueux. C’est ce que j’aime à Ballhalla. Quand leur équipe enchaîne les paniers, la salle devient vraiment très bruyante », a expliqué Allisha Gray, joueuse d’Atlanta Dream (« Even though they’re against you, they’re still respectful. That’s what I like about Ballhalla. … When they go on a run, it does get really, really loud in there. »).

Tiffany Hayes, arrière des Valkyries, souligne également que le soutien ne passe pas par les insultes : « Ils n’ont pas besoin de dénigrer les autres joueuses ni les supporters venus de l’extérieur pour encourager leur équipe. C’est ce qui rend notre public unique » (« The way that they support is not any negativity. They don’t have to talk bad about other players. They don’t have to talk bad about fans that come in from out of town to show support for their team. … That’s why our crowd is unique. »).

Une identité construite avec la région

Jess Smith, présidente de la franchise et première employée de l’organisation, a participé à la création de la marque et au recrutement de l’équipe dirigeante. Elle explique que les supporters avaient une attente simple : que le projet soit « cool ». Selon elle, les fans de sport féminin, longtemps insuffisamment servis, suivent les compétitions, achètent les produits disponibles et soutiennent les joueuses, tout en étant très attentifs à la manière dont le sport féminin est développé.

« Pendant longtemps, les fans de sport féminin n’ont pas été suffisamment servis. Ils regardent tout à la télévision, achètent les produits auxquels ils ont accès et soutiennent les joueuses. Ils savent que chacun de leurs gestes compte, mais il n’y avait pas toujours de projet à la hauteur de leur énergie. Trop souvent, on se demandait comment éviter l’échec ; le résultat, c’était de ne pas voir assez grand pour attirer les gens et susciter leur engagement », a-t-elle expliqué (« One of the main groups of folks that have come out and supported this team are women’s sports fans, and they have been underserved for a really long time. They are watching everything on TV. They are buying the merchandise they have access to, or they’re supporting the players. Every single thing that they do, they’re hyperaware of what that means, and yet, there hasn’t necessarily been a property that’s matched that energy. I think so often, as folks were building in women’s sports, there was often kind of this lens of like, ‘OK, how do we make this something that doesn’t fail?’ But, in turn, what it was doing, it wasn’t making it big and bold enough to draw people into the capacity that they wanted to invest. »).

À San Francisco, l’organisation a misé sur des prestations haut de gamme, avec des espaces VIP proposant notamment sushi et champagne, l’équipe de danse Violet Vibes, la mascotte Violet et le groupe d’animation The Flock. Mais l’expérience va au-delà des installations : la musique de Too Short et d’autres artistes locaux est régulièrement diffusée, tandis que les rappeurs de la région LaRussell et Larry June se sont produits à la mi-temps des deux premiers matches des WNBA Finals. Avant le quatrième quart-temps, une animation invite aussi le public à « Get Hyphy », expression d’Oakland signifiant se mettre dans l’ambiance. Le club s’est par ailleurs associé à des entreprises qui investissent dans le sport féminin et dispose d’une boutique permanente, à une période où les produits dérivés de la ligue ont parfois été difficiles à trouver.

Ohemaa Nyanin, general manager des Valkyries, attribue une part importante de cette identité à Jess Smith : « Elle est déterminée à bâtir une organisation inclusive. C’est l’esprit de Golden State, et elle l’incarne au quotidien » (« She is relentless in how she’s wanted to create this one inclusive organization. It is a Golden State ethos, but she embodies it on a day-to-day basis. »).

La région de la baie de San Francisco, où l’intérêt pour le sport féminin est fort, dispose aussi d’une communauté aisée, diverse et tournée vers la technologie. La popularité actuelle de la WNBA et l’implication de la franchise dans la vie locale complètent cette combinaison. Les Valkyries bénéficient en outre de l’expérience et des ressources de leur groupe propriétaire, également à la tête des Golden State Warriors, franchise qui a remporté quatre titres NBA depuis 2015. Cette proximité a apporté à l’équipe un savoir-faire institutionnel et une expérience de gestion, ainsi qu’une volonté d’investir dans une structure étoffée.

« Cette région occupe une place particulière dans le monde. Les gens regardent ici pour voir ce qui vient ensuite, qu’il s’agisse de la façon de traiter les autres ou des prochaines innovations. Mais, quand on y vit, on comprend que cette volonté fait partie de la culture : on n’attend pas que les choses aient fait leurs preuves, on veut les démontrer au monde », a déclaré Jess Smith. « En construisant la marque et en affirmant que nous voulions établir ensemble une référence pour l’avenir du sport féminin et pour les investissements à venir, nous avons naturellement trouvé une région entièrement mobilisée » (« This region is very special in the world’s landscape. One, it’s where people look to see what comes next, whether it’s how you treat people or what innovations are going to come next. But when you’re here, what you realize is that that’s just part of the culture of ethos of belief, and we don’t wait for something to be proven. We want to prove it to the world. I think when we came out and did the right things, when it was building the brand, letting people know what this would mean, signaling to them that we were going to set a standard together for the future of women’s sports and what that meant here, and what that means for the future investment, of course, this region was all-in. »).

Une fierté locale

Too Short n’a manqué aucun match des Valkyries en Playoffs cette saison. Avant le Game 2 des WNBA Finals, il s’est tenu sur le parquet tandis qu’un immense tambour marqué des lettres GSV était amené au centre de la salle. En maillot des Valkyries, il l’a frappé au rythme des chants « G-S-V ! G-S-V ! » lancés par le public.

« Je viens d’ici, et nous avons vraiment cette fierté. Les supporters se l’approprient et ressentent la même chose. C’est vraiment comme une famille », a résumé Too Short (« I’m from here, man, and we just really have that pride. So the fans, in return, they take to it and they have the same pride. … It really is like a family. »).

Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.

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