

Box breaking 2026 : jeu de hasard ou simple collection ?
- WNBA
- juin 20, 2026
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Les pratiques de « box breaking » dans les cartes à collectionner sous le feu des accusations de jeu illégal
La pratique du « box breaking », consistant à ouvrir en direct des boîtes scellées de cartes ou de souvenirs sportifs pour des acheteurs ayant acquis des « slots », est aujourd’hui remise en cause par plusieurs plaintes judiciaires aux États-Unis. Ces recours contestent la légalité de ces opérations, les qualifiant de jeux de hasard non régulés, assimilables à des loteries illégales.
Qu’est-ce que le « box breaking » ?
Le « box breaking » est une activité où un « breaker » ouvre devant un public, souvent via une diffusion en livestream, une boîte scellée de cartes sportives ou d’objets autographiés. Les acheteurs achètent des « slots » qui leur donnent droit à une partie des cartes tirées. Les slots peuvent être thématiques (par équipe ou joueur) ou aléatoires. La boîte n’est ouverte qu’une fois tous les slots vendus, et les produits sont ensuite envoyés aux acheteurs.
Cette pratique, ancienne dans les boutiques physiques, a explosé pendant la pandémie, mais les prix des boîtes ont fortement augmenté, atteignant parfois plusieurs milliers d’euros. Les acheteurs ne sont pas assurés de recevoir une carte de valeur équivalente à leur mise, et certains slots peuvent même ne rien rapporter si la boîte ne contient pas les cartes attendues.
Parfois, les gains sont spectaculaires : en 2019, un acheteur a obtenu une carte unique de Luka Dončić d’une valeur potentiellement estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros. Toutefois, la majorité des participants subissent une perte financière.
Les accusations légales contre Whatnot et Fanatics Live
Deux procédures distinctes visent les plateformes Whatnot et Fanatics Live. Une demande d’arbitrage déposée par l’avocat Paul Lesko au printemps 2026 concerne près de 70 clients, tandis qu’une plainte déposée en juillet 2025 par un autre groupe d’utilisateurs avance des accusations similaires.
Ces recours soutiennent que les pratiques de « box breaking » avec tirage aléatoire violent les lois californiennes sur les loteries illégales. Les techniques de sélection aléatoire, comme la roue de la fortune ou le lancer de dés, sont notamment pointées du doigt. Les plaignants dénoncent également un manque de transparence sur les valeurs des cartes dans les « repack breaks », où des produits déjà ouverts et reconditionnés sont vendus.
Selon l’avocat Lesko, ses clients ont dépensé plus de 252 millions de dollars sur Whatnot, qu’il accuse d’exploiter un « casino en ligne non régulé encourageant les dépenses compulsives ».
Whatnot a refusé de commenter les demandes d’arbitrage et a rejeté fermement ces accusations, affirmant que « le jeu n’est pas autorisé sur sa plateforme » et que les « card breaks » sont une pratique traditionnelle dans le milieu des collectionneurs.
Fanatics n’a pas souhaité faire de commentaire.
Définitions légales de jeu et de loterie
Selon la Cornell Law School, le jeu implique la mise d’un enjeu (« quelque chose de valeur ») sur un résultat aléatoire hors du contrôle du joueur, avec l’espoir de gagner un prix. La plupart des États américains définissent le jeu par trois éléments : une mise, un élément de hasard et un gain potentiel.
La loterie est une forme spécifique de jeu où les participants achètent des chances avec l’espoir qu’un ou plusieurs d’entre eux reçoivent un prix supérieur à leur mise, le tout déterminé aléatoirement.
Les enjeux pour l’industrie et les collectionneurs
Si les plaintes aboutissent, elles pourraient contraindre les plateformes à revoir leurs pratiques, voire à suspendre la fonction « Breaks ». Les conséquences pourraient inclure des remboursements pour les clients et une régulation accrue du secteur.
Les experts juridiques estiment que le « box breaking » peut être considéré comme du jeu, notamment lorsque l’attrait principal est la possibilité de recevoir un gain supérieur à la mise initiale. Le fait que tous les participants reçoivent une carte ne suffit pas à exclure la qualification de loterie si la valeur des cartes est très variable.
Rob Veres, propriétaire d’une des plus grandes boutiques de cartes en Californie, critique la « gamification » du hobby, soulignant que la majorité des participants perdent de l’argent et que le « box breaking » est souvent une mauvaise introduction pour les nouveaux collectionneurs.
Par ailleurs, les spécialistes du droit rappellent que l’ensemble du marché des cartes à collectionner repose sur un modèle où la rareté des « chase cards » crée un effet de jeu, même en dehors des « breaks ».
Politiques des plateformes et réseaux sociaux
Les règles des plateformes varient : TikTok interdit les jeux de hasard sur sa boutique en ligne, Twitch interdit les streams de jeux de hasard non licenciés, YouTube autorise le « box breaking » mais interdit la promotion de sites de jeux non certifiés, et eBay limite strictement les ventes aléatoires.
Fanatics Live interdit les formats utilisant des mécanismes aléatoires comme les roues ou les tirages au sort, interdisant ainsi tout jeu de hasard sur sa plateforme.
Perspectives et suites possibles
Le processus d’arbitrage contre Whatnot doit débuter à la mi-juillet 2026. La question centrale sera l’application des lois californiennes, selon que l’on considère le siège de l’entreprise ou la localisation des clients. Si la plainte est confirmée, les autorités pourraient renforcer la régulation et les sanctions contre ces pratiques.
Les plaignants, au-delà d’une compensation financière, souhaitent également que les plateformes modifient leurs pratiques pour garantir la légalité et la transparence des « breaks ».
Selon Paul Lesko, depuis la révélation des plaintes, plus de 200 personnes l’ont contacté, témoignant de l’ampleur du phénomène et des mécontentements.
Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.






