

Box breaking 2026 : jeu de hasard ou simple collection ?
- NBA
- juin 20, 2026
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La pratique du « box breaking » remise en cause pour des raisons légales
Une méthode populaire dans le monde des objets de collection, le « box breaking », est aujourd’hui sous le feu des critiques et fait l’objet de procédures judiciaires aux États-Unis. Cette pratique consiste à ouvrir en direct des boîtes scellées de cartes ou de souvenirs sportifs, dont les acheteurs ont réservé des « slots » pour obtenir une partie des contenus. Deux actions en justice distinctes contestent la légalité de ces opérations, les qualifiant de jeux de hasard non régulés, assimilables à des loteries illégales.
Qu’est-ce que le box breaking ?
Le « breaking » désigne l’ouverture en direct, souvent via des plateformes comme Whatnot, Fanatics Live, eBay Live, YouTube, Twitch ou TikTok, d’un produit scellé — généralement une boîte de cartes sportives, parfois des articles autographiés. Le « breaker » vend des « slots » aux acheteurs avant d’ouvrir la boîte, chaque slot donnant droit à une sélection spécifique, par exemple toutes les cartes d’une équipe ou d’un joueur. Les prix des slots varient selon la rareté et la popularité, comme un slot New York Yankees qui sera plus cher qu’un slot Oakland Athletics. La boîte n’est ouverte qu’une fois tous les slots vendus.
Après ouverture, les cartes ou objets sont envoyés aux acheteurs selon leur slot. Si certains remportent des cartes très rares et précieuses, la majorité récupère des produits dont la valeur est inférieure au prix payé. Par exemple, en 2019, un acheteur d’un slot à 50 dollars a reçu un rookie Luka Dončić exceptionnel, une carte unique estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars. Cependant, la plupart des participants subissent une perte financière.
Les accusations portées contre Whatnot et Fanatics Live
Deux actions légales visent principalement Whatnot et Fanatics Live. L’une, déposée par l’avocat Paul Lesko au nom d’environ 70 clients, demande une procédure d’arbitrage contre Whatnot. L’autre, une plainte déposée en juillet 2025 sous la California False Claims Act, accuse les deux plateformes d’opérer des « lotteries illégales » non autorisées, d’avoir omis de payer les taxes nécessaires et d’exploiter un système de jeu en ligne non régulé.
Ces documents judiciaires détaillent notamment les « repack breaks », où des produits déjà ouverts, souvent certifiés par des tiers, sont revendues en précisant une fourchette de valeur. Les arbitres affirment que les méthodes aléatoires employées — tirages au sort, roues de la fortune, dés — pour attribuer les lots aux acheteurs relèvent de jeux de hasard interdits par la loi californienne.
Les plaignants réclament la suppression de la fonction « Breaks » sur Whatnot tant qu’elle ne respecte pas la législation, et demandent à Fanatics de cesser son soutien aux opérations de breaking non licenciées en Californie. Le procureur général de Californie a refusé d’intervenir, laissant les plaignants décider s’ils poursuivent seuls la procédure.
Le cadre légal : jeux de hasard et loteries
Selon l’université Cornell, le jeu de hasard implique la mise en jeu d’une valeur (argent) sur un résultat incertain, avec la possibilité de gain ou de perte. La loi américaine définit trois éléments essentiels pour qualifier une activité de jeu : la mise, le hasard et le gain potentiel. Ces critères sont communs à toutes les législations étatiques.
Une loterie est une forme particulière de jeu où les participants achètent une chance de gagner un prix supérieur à leur mise, les gagnants étant choisis de manière aléatoire, sans contrôle possible des joueurs.
Les experts juridiques consultés estiment que le box breaking pourrait être considéré comme un jeu de hasard, notamment quand les acheteurs espèrent obtenir un objet de valeur bien supérieure à leur mise. Certains avocats conseillent que chaque participant reçoive au minimum un article pour éviter la qualification de loterie illégale, même si cela ne garantit pas une valeur équivalente à l’investissement.
Réactions des plateformes et conséquences potentielles
Whatnot a rejeté fermement ces accusations, affirmant que le « gambling n’est pas autorisé » sur sa plateforme et que les card breaks sont une tradition ancienne dans le monde des collections. Fanatics n’a pas souhaité commenter. Les plateformes imposent des règles strictes pour encadrer ces pratiques, notamment des restrictions d’âge et des interdictions de formats considérés comme loteries ou jeux de hasard.
Si les procédures aboutissent, elles pourraient imposer des changements importants dans la manière dont les breaks sont organisés, avec un risque de sanctions et de remboursements pour les clients. L’avocat Paul Lesko, qui a tenté de négocier un accord à l’amiable avant de lancer l’arbitrage, souhaite non seulement obtenir des compensations mais aussi pousser à une réforme des pratiques.
Une pratique contestée mais enracinée dans la culture des collectionneurs
Si certains professionnels dénoncent la « gamification » du hobby et la forte probabilité de perte financière pour la majorité des participants, d’autres rappellent que le marché des cartes sportives repose depuis longtemps sur l’espoir de dénicher des cartes rares, avec des probabilités publiées et des prix souvent élevés. La frontière entre collection et jeu de hasard reste floue, et les décisions judiciaires à venir pourraient redéfinir les règles du jeu.
Cet article s’appuie sur des informations publiées par plusieurs médias spécialisés.






